GLOSSAIRE

A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z


Voir aussi Nouveau Dictionnaire de Mythologie Égyptienne, par Isabelle FRANCO
et Les dieux de l'Égypte, par Claude TRAUNECKER.


Akh
Voir Esprit-akh.
Amdouat
Terme utilisé par les égyptologues pour désigner « ce qui est dans la Douat », (jmy dwAt en égyptien), le monde souterrain de l'au-delà. Quand on parle des textes de l'Amdouat, on désigne justement ceux des 12 Heures de la nuit, tels qu'ils sont publiés ici, et qui ont pour titre exact en égyptien, comme on peut le vérifier dans les tout premiers mots de l'introduction [i A/a], « Écrits de l'Espace Caché ». Voir aussi le mot Douat.
Âme-ba
Pluriel : âmes-baou.
Un des éléments de la personnalité. En fait, ce terme ne recouvre pas la notion d'âme ignorée des Égyptiens. Il n'est utilisé ici que pour donner un point de repère au lecteur, avec un terme auquel il est culturellement habitué.
L'âme-ba est une énergie dynamique liée à la faculté de mobilité, contrairement à l'énergie-ka qui est statique. Elle est le plus souvent représentée sous la forme d'un oiseau à tête humaine. Elle peut quitter le cadavre pour aller voleter au-dessus des lieux aimés, mais il faut impérativement qu'elle puisse rejoindre le cadavre. (Voir dans les Formules pour Sortir le Jour, chapitre 92 par exemple).
Elle permet au défunt de changer d'aspect, et le transfert d'énergie produite peut s'avérer redoutable.
Enfin, le terme pluriel âmes-baou est lié à la notion de colère ou de violence.
Les Formules pour Sortir le Jour au chapitre 15 nous apprennent que Rê possède 7 baou et 14 kaou, chacun portant un nom. Dans la crypte du temple d'Opet à Karnak, on peut voir une représentation des 10 baou d'Amon-Rê s'avançant vers Osiris.
C'est par l'énergie de leurs âmes-baou que Rê et Osiris peuvent réaliser la sublime « Âme-ba qui fusionne », dont il sera question dans la version réduite des Litanies de Rê, illustrée sur les 2 piliers de la tombe de MenKheperRê-Thoutmosis.
Apop
Nom du serpent qui matérialise les forces d'anéantissement du monde. Ennemi farouche de Rê et d'Osiris. En grec, il est appelé Apophis. Il faut le distinguer de Seth (bien que ce ne soit pas toujours très facile pour les Égyptiens eux-mêmes), qui est le chef du complot contre Osiris et qui cherche toujours à vaincre Horus. Apop, c'est l'anéantissement et Seth le désordre. Il est souvent montré comme un serpent aux anneaux magnifiquement lovés, et serait difficile à distinguer de serpents bénéfiques (tels que Mehen dont il sera question à partir de la 7e Heure) sans une inscription donnant son nom. Il est parfois surnommé Nik (le puni), Hiou (le monstre, l'âne) ou encore le Terrifiant de visage (7e Heure).
Comme force de complète destruction de l'univers, il est rituellement annihilé, mais jamais définitivement, car le rituel n'a de pouvoir que sur la durée d'un seul cycle. Tout sera à recommencer le cycle suivant. En fait, Apop comme Seth sont des forces nécessaires au renouvellement de l'univers, et leur violence renforce par nécessité la vigueur des forces constructives.
Le papyrus Bremner-Rhind (British Museum n° 10188) décrit les formules et incantations nécessaires à son extermination. Claire Lalouette en donne une traduction intéressante.
Asie
Nom que l'on donnait au Proche-Orient (l'Asie = sTt ). 
On accolait très souvent à ses habitants (les Asiatiques sTtyw ), comme à tous les peuples adversaires de l'Égypte, l'adjectif de mépris misérables (que l'on pourrait rendre aussi par infâmes ou vils). Ces termes que l'on qualifierait de racistes aujourd'hui n'empêchaient pas les Égyptiens de vivre en bonne intelligence et sans agressivité particulière avec les nombreux étrangers présents sur leur sol qui s'intégraient facilement. Ces adjectifs visaient surtout les ennemis du pays, assimilés à des forces du mal.
Ba
Voir Ame-ba.
Bienheureux-imakhou
J'ai rendu le terme égyptien jmAxw par l'expression composée « Bienheureux-imakhou », faute de mieux, pour tenter de rendre la notion complexe de celui qui, dans l'au-delà, vit dans la béatitude en l'heureuse compagnie d'Osiris et de Rê et qui, de ce fait, est considéré comme très vénéré ; une sorte de saint avant la lettre. Le sens initial de ce terme semble être « celui qui a reçu de hauts privilèges royaux » (une pension, par exemple, le mettant à l'abri de tout besoin).
Calembours et jeux de mots
« Au commencement était le calembour » (Samuel Beckett, Murphy). Et même si « le calembour est la fiente de l'esprit qui vole »  (selon Victor Hugo, dans Les Misérables), les Égyptiens étaient très friands de ces jeux de mots un peu faciles dans leurs textes sacrés et profanes, mais sans qu'ils aient voulu pour autant les truffer d'un humour qui serait bien lassant, à la longue. Si l'Égyptien a toujours aimé rire (celui d'aujourd'hui en faisant encore une large démonstration), le calembour veut surtout décrire la réalité qui l'entoure en l'observant et en la décrivant sous plusieurs de ses aspects, pour mieux en comprendre la nature complexe.
Un tel jeu de mots est souvent annoncé par l'expression « en son nom de...» que l'on peut trouver en si grande quantité dans certains textes que le procédé peut devenir fatigant, même s'il rend de grands services au chercheur. Parfois aussi, une allusion plus subtile ne se laisse détecter que par l'observation attentive de la proximité de mots phonétiquement voisins.
Cette technique sera utilisée dans la Bible, à dose beaucoup plus réduite sans doute, et dans la kabbale hébraïque.
Chair
Le dieu solaire qui entre en terre pour son voyage nocturne est appelé en égyptien jwf et en copte af, c'est-à-dire « chair, viande, corps ». C'est lui qui figure debout, au centre de la barque divine à toutes les Heures de la nuit, sous l'aspect d'un corps humain à tête de bélier et dont la sublime destinée est la régénération et le retour à sa forme solaire sous l'aspect du scarabée Khépri, à la fin de la 12e Heure. D'ailleurs, le scarabée est l'élément central du nom de MenKheperRê-Thoutmosis, ce qui constitue un atout supplémentaire du pouvoir de régénération et de solarisation du roi.
Chou
Émanation du dieu solaire Atoum, son nom est sans doute dérivé du mot jS (salive) et du verbe jSS (cracher). Il est associé à l'air lumineux, au souffle vital, à la lumière, mais aussi au vide et à l'espace. D'après les Textes des Sarcophages (80 II,35 à 39), son nom est Vie. Son hiéroglyphe (une plume d'autruche) est le même que celui de Maât/Tefnout dont il est le frère. Les pennes de cette plume semblent bien évoquer une émanation lumineuse. Lorsque les deux plumes de Chou et Tefnout sont réunies, elles constituent le symbole qui orne la coiffure d'Amon-Rê et de plusieurs autres dieux. Chou et Tefnout sont appelés « les deux poussins » par les Textes des Sarcophages et les Formules pour Sortir le Jour (chapitre 17).
Chout - Chouït
Voir Ombre-chout.
Coudée
Mesure de longueur. La coudée royale utilisée pour les monuments mesure environ 52,3 cm.
Elle se divise en 7 palmes et chaque palme en 4 doigts, soit 28 doigts en tout.
Une palme mesure donc 7,47 cm et un doigt 1,87 cm.
Dans la tombe de MenKheperRê-Thoutmosis, il est facile de constater que la coudée dont on a fait usage pour mesurer les registres des 12 Heures et leurs subdivisions n'a qu'une valeur très approximative.
Doigt
1/28e de coudée, ou 1/4 de palme, soit environ 1,87 cm.
DjehoutyMes(Sw)
Voir à titulature royale.
Douat
Mot égyptien désignant le monde souterrain de l'au-delà, celui où se trouvent les défunts. Le dieu solaire, mort lui-même en quelque sorte par son entrée sous terre, à l'ouest, traverse cet univers sombre et dangereux pour illuminer et revivifier les êtres qui s'y trouvent et pour y subir les transformations qui lui permettront de resurgir au matin, régénéré, à l'est. Les premiers égyptologues ont appelé ce lieu « les enfers » ou « l'Hadès », comme chez les Romains ou les Grecs.
Selon une représentation très célèbre, dans la tombe de Ramsès VI (mais aussi à l'Osiréion d'Abydos ou sur le sarcophage de Séthi Ier), Osiris l'entoure de son corps et la sépare du Noun.
Voir ci-contre, dans la partie supérieure de l'image sur fond vert pâle. Les textes (à l'envers pour nous) disent : « C'est Nout qui reçoit Rê » (devant Nout), et « C'est Osiris qui entoure la Douat » (à l'intérieur du cercle formé par Osiris).
Christiane Desroches-Noblecourt a d'ailleurs démontré avec brio qu'on retrouvait la même image juste au-dessus de la tête du Christ, au beau milieu du tympan de la basilique de Vézelay. (Voir revue Archéologia n° 292, juillet-août 1993, page 41).
Écriture dite « énigmatique »
Les textes de l'Amdouat sont destinés exclusivement au roi, du moins à l'époque de MenKheperRê-Thoutmosis. Les personnages puissants de l'État n'en décorent pas les murs de leurs tombes (exception toutefois pour OuserAmon, vizir d'HatChepsout et de MenKheperRê). Pour conserver leur caractère de confidentialité, ces textes ne doivent pas pouvoir être lus par le premier scribe venu. Un moyen simple mais efficace permettant d'en interdire une compréhension immédiate consiste tout simplement à les écrire à l'envers, comme expliqué plus longuement à l'article écriture rétrograde ci-dessous.
Seul un scribe très cultivé connaît le procédé et comprend ce qu'il lit ou écrit de cette façon.
Malgré ce premier obstacle, un second, beaucoup plus redoutable, peut surgir : certains passages sont en effet rédigés sous une forme ressemblant à la technique de nos rébus et rendent la lecture très compliquée voire impossible même pour quelqu'un de très cultivé, à moins d'y consacrer beaucoup de temps, et sans garantie de succès.
Ces textes, à la limite du cryptage, assez nombreux à la 4e et à la 5e Heure, ont parfois leur solution juste à côté, par exemple à la 5e Heure, registre 3, chemins et portes A à C, où le texte en clair est rédigé en rouge tandis que son équivalent énigmatique l'est en noir. Parfois encore, un tel passage peut se retrouver en clair (et en sens non rétrograde, donc clair pour tous) dans l'Abrégé (exemple à la 4e Heure [4,1g 7] : la version en clair figure au Pilier 2 [P2a,17-21] ).
Il me paraît donc évident qu'un tel précédé n'a pas pour but de cacher, puisque la réponse côtoie l'énigme ou figure non loin de là, même si l'on perçoit bien les difficultés qu'éprouve un scribe accrédité par le roi à reproduire de tels passages.
Ces textes semblent plus certainement refléter la volonté de faire réfléchir, de faire se demander pourquoi tel ou tel passage est rédigé avec des hiéroglyphes aussi inhabituels et d'inciter à y rechercher une connaissance de l'univers plus grande encore. Ils sont destinés au roi défunt qui aura toute son éternité pour tenter non pas de les comprendre, car il les connaît déjà, mais d'en approfondir finement le contenu.
Ils incitent certainement à la méditation et à la concentration sur le monde de l'au-delà...
Voir une explication plus détaillée au chapitre consacré à l'étude des Textes, dans la section Généralités.
Écriture rétrograde
L'égyptien peut s'écrire de droite à gauche ou de gauche à droite, soit en ligne, soit en colonnes pour des raisons de mise en page ou pour illustrer plus efficacement une scène. La clé est donnée instantanément de la façon suivante : les animaux et les personnages regardent du côté où commence le texte.
Dans l'écriture rétrograde, qui est une façon plutôt naïve de crypter le texte, les animaux et les personnages regardent du côté où finit le texte, comme c'est souvent le cas dans les Formules pour Sortir le Jour (Livre des Morts). Ceci a mis en déroute plus d'un scribe ignare qui n'y comprenait rien et le recopiait tel quel, mais à l'envers, en le rendant totalement incompréhensible pour les autres. Toutefois, à l’intérieur d’un cadrat - surface minimum dans laquelle on peut écrire un ou plusieurs signes - l’écriture continue à se faire le plus souvent en sens habituel (de droite à gauche).
Exemple pris dans la 11e Heure, registre 3 :
On a écrit :
                 
Les conventions habituelles conduisent à lire ce texte de droite à gauche (les animaux et les personnages regardant à droite, du côté où il commence). Pourtant, lu ainsi, ce texte ne signifie rigoureusement rien.
Pour le rendre intelligible, il aurait fallu écrire chaque signe au même endroit, mais à l'envers :
                 
                  (traduction : « ils [= ces dieux] existent de cette façon »)
Exemple en français :
   ERREPEHKNEM NOARAHP EL
   
Les signes sont écrits dans l'ordre inverse, de droite à gauche. Il faut lire :
   LE PHARAON MENKHEPERRE.
La supercherie s'avère toutefois plus facile à détecter en égyptien qu'en français.
Énergie-ka
Pluriel : énergies-kaou.
Un des éléments de la personnalité. En fait, ce terme ne recouvre pas exactement la notion d'énergie, terme trop moderne pour s'adapter aux concepts égyptiens. Il n'est utilisé ici que pour donner un point de repère au lecteur, avec un terme auquel il est culturellement habitué.
L'énergie-ka possède une qualité statique, contrairement à l'âme-ba qui est une force dynamique. Elle comporte la notion de potentiel vital qui dépend d'une nourriture abondante et saine. Le terme pluriel kaou désigne d'ailleurs la nourriture. L'énergie-ka d'un individu, c'est sa vitalité, son bien-être et sa santé morale, et pour un roi, sa légitimité et son pouvoir d'ordre divin, objet d'un culte.
La traduction « double » ne convient pas non plus, bien qu'autrefois utilisée par de grands égyptologues. Même si de nombreuses illustrations montrent le défunt accompagné de son ka, la traduction « double » présente un côté beaucoup trop restrictif.
L'énergie-ka du défunt doit être entretenue par des offrandes de nourriture et de boisson.
Les Formules pour Sortir le Jour, au chapitre 15, nous apprennent que Rê possède 7 baou et 14 kaou, chacun portant un nom.
Esprit-akh
Pluriel : esprits-akhou.
Un des éléments de la personnalité. L'égyptien utilise le mot Ax, pluriel Axw (le x étant prononcé comme la jota espagnole ou le ch allemand dans « Ach so ! ») pour désigner une notion fort complexe à rendre en français. On le rencontre souvent traduit par esprit, ce qui me paraît totalement impropre. Il désigne un des éléments de la personnalité qui n'a pas d'équivalent dans notre pensée occidentale. Il mot contient la notion de gloire, de luminosité, de magnificence, d'efficacité et d'utilité. Un esprit-akh peut souvent être compris comme un défunt parvenu à la pleine béatitude.
Les traductions de ce mot sont aussi nombreuses que les traducteurs qui vont de la simple transcription akh(w) aux termes plus ou moins impropres à le rendre, tels que Esprits, Bienheureux, Transfigurés.
Aucun ne me donnant satisfaction, j'ai choisi « esprit-akh » faute de mieux. Ainsi cette expression offre au lecteur un mot de son vocabulaire familier tout en le renvoyant à une notion plus complexe et inhabituelle qui lui évitera des amalgames douteux.
L'esprit-akh peut se révéler toutefois redoutable s'il ne reçoit pas de culte.
Éternité/Éternellement
Il existe deux mots en égyptien correspondant à peu près à notre notion d'éternité, ou plus exactement à un temps sans fin et un espace sans limites. Leur définition exacte pose toujours quelques problèmes, car les Égyptiens eux-mêmes en perdaient d'un siècle à l'autre la signification originelle. Ces deux mots, Dt et nHH sont souvent utilisés ensemble pour souhaiter ou affirmer qu'une situation durera toujours.
Le premier, Dt a pour déterminatif le hiéroglyphe de la terre sablonneuse (ci-contre). Il évoque la succession cyclique des phénomènes liés à la terre, au Nil et à la végétation. Il se trouve donc lié à Osiris, à la matière, au corps, à un état inerte et statique, à la partie la plus lourde de l'être, à Tefnout. Il désigne souvent le temps sans fin.
Le second, nHH a pour déterminatif le soleil (ci-contre). Il évoque la succession cyclique des phénomènes liés au soleil, à son lever et à son parcours dans le ciel. Il se trouve donc lié à Rê, à la lumière, à l'âme-ba, à un état actif et dynamique, à la partie la plus légère de l'être, à Chou. Il désigne souvent l'espace sans limites.
J'ai traduit l'expression Dt nHH par « pour l'éternité terrestre et solaire », au lieu du traditionnel « éternellement et à jamais » (ou des variantes du même genre), conscient tout de même que ces mots aient pu perdre une partie de leur sens au fil des siècles.
Formules pour Sortir le Jour
Ce que les égyptologues appellent couramment Livre des Morts, pour des raisons historiques et par facilité, a pour titre exact, donné cette fois par les Égyptiens eux-mêmes Sortir le Jour (c'est-à-dire pendant le jour). On a souvent traduit ce titre par Livre pour Sortir au Jour, ce qui permet de fort beaux commentaires mais se trouve malheureusement entaché d'un contresens et d'un faux-sens.
En effet, la préposition m employée par l'égyptien dans son titre « prt m hrw » possède de nombreux sens, mais jamais celui d'une direction vers quelque chose (sauf dans des cas rares et très précis ; voir Gardiner § 162,1). Dans le cas présent, le seul sens qui puisse être retenu est celui du moment où l'action se produit, donc pendant. Il en va de même pour le mot hrw signifiant jour, au sens de durée qui s'écoule entre le lever et le coucher du soleil, et non pas lumière du jour, car dans ce dernier cas on utiliserait un autre mot que hrw. Quant au mot formules (à énoncer par la bouche) qui ne figure d'ailleurs pas dans « prt m hrw » (= Sortir le Jour), il traduit les titres égyptiens donnés aux chapitres qui composent l'ouvrage avec plus de rigueur que le mot livre. Voir à propos de cette rubrique dans les grammaires et dictionnaires (Wb 1,520-12 « bei Tage herauskommen [aus dem Totenreich] » et HWb,283-4) présentés dans la bibliographie.
Les chapitres ou formules de ces textes sont des reprises souvent dénaturées, avec ajouts et déformations, des Textes des Sarcophages, eux mêmes fortement inspirés des Textes des Pyramides qui subissent des transformations et déformations du même ordre.
Hanigalbat
Voir Mitanni.
HatChepsout
Le nom de la reine s'écrit : {mAat-kA-ra}  {xnmt-jmn - HAt-Spswt} : MaâtKaRê, nom de couronnement, signifie « Maât (est le) Ka (de) Rê », et KhenemetAmon-HatChepsout, son nom de naissance augmenté d'un attribut théophore, signifie « Celle qu'embrasse Amon, la Première des Nobles-Dames ».
Hiéroglyphes cursifs
Sur les murs des temples et des tombes, on écrivait en hiéroglyphes. Mais sur papyrus, pour aller plus vite, on en utilisait une forme simplifiée qu'on appelle écriture hiératique, rédigée le plus souvent de droite à gauche, et qui, dans les textes soignés avec pleins et déliés, présente un aspect très esthétique, comme on peut en juger dans l'exemple ci-dessous :


(papyrus Harris 1, 3,3-4, Hymne de Ramsès III à son père)
Toutefois, dans les Formules pour Sortir le Jour (nom exact du Livre des Morts), on utilise presque toujours une écriture un peu filiforme qui se situe entre les deux styles, mi-hiéroglyphique mi-hiératique, mais sans les traits de liaison - les ligatures - de l'hiératique. Les textes de la tombe de MenKheperRê-Thoutmosis sont rédigés dans ce style de hiéroglyphes cursifs, mais en plus, en écriture rétrograde, c'est-à-dire que tous les signes sont écrits dans l'ordre inverse habituel !... Pour quiconque ne connaît que les hiéroglyphes monumentaux, bien des signes sont méconnaissables, car empruntés à l'hiératique. Certains scribes peu instruits ne savaient lire et écrire que l'hiératique et restaient perplexes devant le hiéroglyphique monumental qui nous paraît pourtant plus accessible aujourd'hui...
Exemples : (les graphies 1 et 2 étant purement imaginaires et inventées pour les besoins de l'explication).
Il s'agit 4 fois du même texte wnn.sn m sxr pn qui signifie : « ils [= ces dieux] existent de cette façon » (écriture de droite à gauche, sauf le n° 3).

1. Cursive hiératique ordinaire :  

2. Hiéroglyphes cursifs :  

3. Écriture rétrograde en hiéroglyphes
    cursifs
 (ordre des signes inversé) :
   

4. Hiéroglyphes monumentaux :  
Imakhou
Voir Bienheureux-imakhou.
Iterou (Wb 1,147 - HWb,113)
Mesure de longueur pour les fleuves et cours d'eau comparable au skoïnos des Grecs. Hérodote en parle dans son Enquête (Livre II,6) : « Le parasange représente 30 stades, et le skoïnos, qui est une mesure égyptienne, soixante. ». Le stade valait 177,6 m. L'iterou valait 10,46 km, soit 20 000 coudées. (Voir aussi Gardiner § 266,2 et Grandet/Mathieu § 26.3).
Ainsi, par exemple, une distance de 120 iterou correspond environ à 1260 km, et 300 iterou à 3180 km. Ce mot dérivé de l'égyptien ne prend pas de s au pluriel.
Jeu de mots
Voir calembour.
Ka
Voir Energie-ka.
Karkémich
Karkémich ( krkmS), aujourd'hui Djerablous en Syrie, sur l'Euphrate, juste à la frontière turque. Thoutmosis Ier était déjà parvenu jusqu'à cette ville. MenKheperRê-Thoutmosis III renouvelle l'exploit. De plus il traverse l'Euphrate et pénètre au Mitanni. Comme son grand-père, il y fait graver une stèle commémorative.
Khépri
Aspect du dieu solaire à son lever (transcrit parfois Khépra). Son nom s'écrit avec le hiéroglyphe du scarabée (à prononcer kheper, avec kh = r guttural) et signifie « Celui qui vient à l'existence ». Le scarabée constitue l'élément central du nom de MenKheperRê-Thoutmosis, ce qui renforce encore dans ces textes son identification avec le dieu solaire et sa renaissance dans les cycles de l'astre de lumière. On le voit surgit à l'est à la fin de la 12e Heure, à droite du registre 2. Tout au long des 12 Heures, il constitue pour la Chair l'objectif, le but ultime qu'il faut atteindre.
Livre des Morts
Voir Formules pour Sortir le Jour
Megiddo
Cette ville ( mktj ) se situe dans une plaine, au nord-est du Mont Carmel (548 mètres d'altitude), dans l'actuel État d'Israël, en Galilée, à mi-chemin entre le Jourdain et la côte méditerranéenne. 
MenKheperRê
Nom de couronnement de Thoutmosis III que nous appelons ici presque systématiquement MenKheperRê-Thoutmosis. C'était le nom couramment utilisé pour le désigner en tant que roi d'Égypte. Thoutmosis, forme hellénisée très déformée de DjehoutyMesS(w), est le nom qu'il a reçu à sa naissance. Une tradition bien fâcheuse venue des Grecs nous fait encore désigner les rois sous ce nom. Une des meilleures façons pour l'évoquer consiste sans doute à lui donner le double nom que nous utilisons ici : MenKheperRê-Thoutmosis, qui combine les deux derniers noms du protocole royal (entourés de cartouches) à la manière même des Égyptiens. 
MenKheperRê signifie : La venue à l'existence de Rê demeure.
Thoutmos(is) (déformation de DjehoutyMesS(w)) signifie : Thot l'a engendré
Voir aussi à ce propos le terme titulature royale.
Bien noter que, dans les noms égyptiens, les lettres Kh doivent se prononcer comme une jota espagnole, et non comme le simple son K du français.
MerytRê
Certains historiens pensent que MerytRê-HatChepsout (= Aimée de Rê, la Première des Nobles Dames) est la seconde fille de ÂaKheperEnRê-Thoutmosis II et de HatChepsout, la première étant Maât-NeferouRê. Certains historiens contestent son origine royale, car elle n'est jamais appelée fille de roi dans les textes. C'est peut-être la raison pour laquelle le jeune prince Thoutmosis dut épouser d'abord sa demi-sœur Maât-NeferouRê lors de son intronisation, alors qu'il était un (oisillon) dans son nid, (il avait environ 11 ans, peut-être moins), pour que sa position sur le trône soit confirmée. Il n'est pas certain d'ailleurs que ce mariage ait eu réellement lieu.
Quant à MerytRê, telle qu'elle est simplement appelée dans la tombe de MenKheperRê-Thoutmosis, elle épousa le roi à une date qu'il est malaisé de définir et elle porta le titre de Grande Épouse Royale. Elle lui survécut, car au registre 2 du Pilier 1, face b, elle est représentée immédiatement derrière lui avec la mention en vie (n° 97) et vivante et restant sur terre à la 4e Heure [4,1g 6b].
Elle figure à la place d'honneur, à la 4e Heure, de chaque côté de la porte d'entrée, au registre 1 de gauche et à celui de droite.
C'est la mère de ÂaKheperouRê-AmenHotep II.
Mitanni
Le royaume du Mitanni, de civilisation hourrite, se situait dans des régions appelées alors Naharina ( nhryn ) et parfois Hanigalbat et qui correspondent très approximativement à la moitié nord de l'actuelle Syrie, autour d'Alep et à une partie de l'Irak du nord, entre le Tigre et l'Euphrate
Naharina
Voir Mitanni ci-dessus.
Ombre-chout
Pluriel : ombres-chouout. Appelée parfois chouït par certains égyptologues.
Un des éléments de la personnalité qui survit au-delà de la mort. Nous avons quelques difficultés à comprendre le rôle exact qu'elle joue. Bien qu'elle soit sombre par nature, elle affirme, par son existence même, la présence du soleil et se déplace aussi vite que l'oiseau le plus rapide. C'est peut-être pour cette raison que l'ombre-chout peut se déplacer à grande vitesse. Le chapitre 92 des Formules pour Sortir le Jour nous la décrit accompagnant l'âme-ba : « Formule pour ouvrir la tombe à l'âme et à l'ombre de N., afin qu'il sorte au jour et ait l'usage de ses jambes. "Ouvre et referme, (ô) endormi ! ouvre et referme à mon âme, d'après les ordres !... (O) toi qui allonges le pas et étends les jambes, fraye-moi le chemin, Grand, car mes chairs sont bien conservées ! ... Quand l'aube (montera) vers vous, gardiens d'Osiris, ne retenez pas prisonnière mon âme, (ne) gardez pas mon ombre ! Que le chemin soit frayé à mon âme, mon ombre, qu'elle puisse voir le grand dieu à l'intérieur de la chapelle"...» (traduction Paul Barguet).
Osiris
Nom grec du dieu appelé Ousir en égyptien. Dieu originaire de Bousiris, dans le Delta, il supplante l'ancien dieu Andjety. Avec Rê, c'est l' un des dieux les plus importants de la religion égyptienne. Il personnifie les forces terrestres et végétales, ce qui explique la couleur noire ou verte de ses chairs, ainsi que l'inondation du Nil dont les premiers débordements sont annoncés par le lever héliaque de l'étoile Sirius, vers le 17 juillet (du moins à cette époque). En tant que force agraire, le blé-Osiris qui est mis en terre (comme tout défunt) semble d'abord mourir mais se met bientôt à germer, plus vivant que jamais, pour donner un nouvel épi. « Je vis et je meurs. Je suis Osiris... Je vis et je pousse en tant que grain-divin... Je suis le blé et je n'ai pas subi la destruction » (Textes des Sarcophages, § IV,330).
S'il préside au monde des défunts, il n'est toutefois jamais appelé dieu des morts par les Égyptiens eux-mêmes. Ils préfèrent lui donner le beau surnom de Souverain de l'Éternité ou d'autres encore tels que Le Premier de ceux de l'Ouest.
Dans les textes de l'Amdouat, il est considéré comme le corps physique de Rê qui, au crépuscule, entre dans sa propre Chair.
Ourenes
Fleuve imaginaire de l'au-delà souterrain égyptien sur lequel navigue la barque solaire. Au registre 2 de la 1e Heure [1,2 88], il est précisé qu'il mesure 300 iterou, soit environ 3180 km. Seul le champ appelé Les Eaux de Rê, à la 2e Heure, est curieusement plus grand que lui, car il mesure 309 iterou [2,i 1 et P2a, 6-7] sur 120 de large (1260 km), largeur qui semble bien être aussi celle de la vallée où coule l'Ourenes.
Les textes de l'Amdouat n'en parlent qu'à l'Introduction, à la 1e et à la 2e Heure, puis il n'en est plus question ailleurs. A moins que le terme Ourenes ne désigne que la partie du fleuve de l'au-delà  située au niveau de la 2e Heure et qui semble liée à l'abondance agraire que lui attribuent les textes.
Gustave Jéquier, admirable précurseur de la traduction de ces textes, déclare à propos de ce mot wrns : « mot que l'on n'a pu s'empêcher de rapprocher de l'ouranos des Grecs. » Fort heureusement, il ne s'aventure pas plus loin sur cette simple curiosité.
Ouser(Amon)
Il est appelé soit OuserAmon, soit par son diminutif Ouser. Nommé vizir en l'an 5 du jeune roi MenKheperRê, HatChepsout le remplace bientôt par HapouSeneb puis par son père Amtou. Lorsque MenKheperRê-Thoutmosis III revint seul au pouvoir, il nomme Ouser vizir du sud tandis que son frère NeferOuben reçoit la charge de vizir du nord.
Dans sa tombe (Thèbes n° 61), on a trouvé une version complète de l'Amdouat, sa version abrégée et le début de la version complète des Litanies, ce qui surprend beaucoup dans une tombe non royale. Leur contenu ressemble tellement à celui de MenKheperRê-Thoutmosis qu'Erik Hornung se demande s'il ne s'agirait pas d'une présentation commune.
Palme
1/7e de coudée, soit environ 7,47 cm.
Pount
D'après de récentes études, le pays de Pount ( pwnt ) pourrait être localisé dans la région orientale de l’actuel Soudan, sur la rive droite de l’Atbara, et non pas sur les territoires de l’Erythrée et de la Somalie actuelles comme on l'admet souvent encore aujourd'hui. Les expéditions qui voulaient se rendre dans cette contrée mal connue devaient s’y risquer en remontant vraisemblablement la vallée du Nil (« Ouadj our », selon Claude Vandersleyen et Christiane Desroches-Noblecourt, par exemple) et le cours de l'Atbara. De nombreux chercheurs abandonnent l’idée qu’on y accédait habituellement par la Mer Rouge, mais cela fait encore l’objet d’âpres débats entre spécialistes... Quel que soit l'emplacement précis de Pount, la reine HatChepsout y envoya le chancelier Néhésy pour une expédition commerciale pacifique mémorable. Il en rapporta 31 arbres à encens avec leur motte ainsi que de nombreuses autres richesses. Ce voyage est magistralement illustré dans le temple de Deir el-Bahari.
Le Premier de ceux de l'Ouest
Appelé aussi par son nom égyptien KhentAmentyou. C'est le dieu-chacal de la nécropole d'Abydos. Avec le temps, Osiris endosse totalement sa personnalité et prend son nom comme épithète courante.
Bien que constitué seulement d'éléments simples, ce nom pose d'importants problèmes de traduction.
En effet, le premier xnty  vient de la préposition xnt (devant, en face de, sur, issu de) et signifie dans notre contexte celui qui est devant, celui qui est à la tête de, le principal, d'où le chef.
Quant au deuxième, jmntyw (basé sur jmnt, l'Ouest), il signifie ceux de l'Ouest (au sens strict) et occidentaux.
Les traductions proposées sont nombreuses, et l'on aurait vite fait d'y trouver des connotations douteuses. Les plus courantes sont « chef des Occidents, celui qui préside aux Occidentaux, celui qui est à la tête des Occidentaux, celui qui est à la tête des gens de l'occident » etc. Certains ouvrages qui ne craignent pas le ridicule y voient même le chef des Atlantes !
On pourrait bien sûr s'en tenir à la seule transcription KhentAmentyou (ou Chontamenti comme le fait Erik Hornung en allemand). Si j'ai préféré Premier de ceux de l'Ouest, c'est d'une part pour garder le double sens qu'autorise le français premier et que comporte l'égyptien, (à savoir premier dans une énumération, un ordre d'arrivée, mais aussi premier au combat, c'est-à-dire le chef qui peut aussi présider) et ceux de l'Ouest d'autre part pour éviter les amalgames douteux que pourrait engendrer le terme Occidentaux.
Prenomen et nomen
Termes latins aujourd'hui désuets, même si les plus illustres de nos devanciers en ont fait usage en leurs temps, pour désigner respectivement le nom de couronnement et le nom de naissance d'un roi. De nos jours, cette terminologie ferait plutôt songer à Molière dans Le Médecin malgré lui (acte II, scène IV) : «...Ossabandus, nequeis, nequer, potarinum, quipsa milus. Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette.» (Sganarelle s'adressant à Géronte).
Qadech
Qadech ( qdSw ) est située dans l'actuelle Syrie, à une cinquantaine de km au sud-ouest de l'actuelle Homs (= Hims), au sud du lac Bahret-Hims, sur l'Oronte. Elle s'appelle aujourd'hui Tell Nebi Mend. Qadech est célèbre par la bataille qu'y livra Ramsès II, mais qu'il ne prit pas, alors que très injustement les dictionnaires, encyclopédies et ouvrages historiques oublient presque toujours de rapporter l'exploit de MenKheperRê qui, lui, la prit deux fois ! Même dans la très sérieuse Encyclopædia Universalis (version 5 cédérom, © 1999), où le nom de Qadech est cité huit fois sous la plume de différents auteurs, cette ville est dépeinte sept fois comme le lieu où Ramsès II affronta les Hittites (le 8e n'en parle que par rapport à Pétra). Ne s'agit-il pas là d'une forme de culture au rabais ?
Registre
Une des divisions en bandes horizontales qui, réunies, constituent un ensemble pictural, dans une tombe ou un temple. Les 12 Heures de la nuit de MenKheperRê-Thoutmosis ou de son fils ÂaKheperouRê-AmenHotep II comportent généralement trois registres, parfois quatre, numérotés de haut en bas.
Réténou
Le Réténou ( rTnw ) est la région qui correspond très approximativement à une grande moitié inférieure de l'actuelle Syrie, et à une partie de la Jordanie et de l'Irak.
Rétrograde (écriture)
Voir Écriture rétrograde.
Ro-Setaou
Ro-Setaou est le nom de la nécropole de Memphis, dont Sokar (Sokaris en grec) est l'antique dieu funéraire. Il signifie L'entrée des corridors (souterrains). Son nom finira par signifier une nécropole en général.
Sokar
Sokaris en grec. Antique divinité funéraire de la nécropole de Memphis, Ro-Setaou. On le représente avec une tête de faucon sur un corps de momie. Sa personnalité a été associée à Ptah puis à Osiris. Il existe des représentations d'une divinité appelée Ptah-Sokar-Osiris, en une seule image. Son domaine est parcouru par le dieu solaire, dont il est lui-même un aspect, à la 4e et surtout à la 5e Heure où il est représenté au beau milieu du registre 3, dans sa zone-ovale.
TaTenen
TaTenen (= La Terre qui se soulève) est un surnom de Ptah, dieu démiurge de Memphis. En prenant conscience de lui-même, il émerge du Noun sous l'aspect du Tertre initial, d'où ce surnom.
Textes des Pyramides
Les Textes des Pyramides sont les écrits religieux les plus anciens que nous ait laissés l'ancienne Égypte. On les trouve écrits sur les parois des pyramides de la 5e et de la 6e dynastie, mais pas sur ceux des pyramides de Guizeh. Ils forment une partie du rituel des funérailles royales de l'époque, immense linceul de mots magiques gravés ou peints le plus souvent en vert. Leur but consiste à pousser le roi au ciel, parmi les dieux, pour apporter à son peuple paix, ordre, bonheur et prospérité.
Textes des Sarcophages
Durant les désordres sociaux importants de la 1ère Période Intermédiaire, certains riches et nobles Égyptiens s'approprient des passages du rituel funéraire royal contenu dans les pyramides de la 5e et de la 6e dynastie pour en orner les flancs de leurs sarcophages, avec de nombreuses adaptations, modifications, altérations et incompréhensions. D'autres éléments provenant de croyances locales s'y intègrent. Ce nouvel ensemble de textes donnera naissance aux Formules pour Sortir le Jour (Livre des Morts).
Thoutmos(is) (= DjehoutyMes-NeferKheperou)
Voir titulature royale ci-dessous.
Titulature royale
La titulature royale (appelée aussi protocole royal) est utilisée dans les textes à caractère très officiel pour désigner le roi avec tous ses titres traditionnels. Elle est formée de 5 parties, du moins à la XVIIIe dynastie :
  1. Nom d'Horus (le plus ancien). Il peut s'inscrire dans une sorte de rectangle (appelé serekh) représentant le plan d'un ancien palais royal et sa façade.
  2. Nom des Deux Maîtresses, les deux divinités protectrices de l'Égypte, le vautour Nekhabit et le serpent Wadjit. Ce sont des noms féminins en langue égyptienne.
  3. Nom d'Horus d'Or (le symbole de l'or sur lequel est perché Horus représente également Seth et sa ville d'Ombos).
  4. Nom de couronnement (« Celui du Jonc et de l'Abeille », autrement dit Roi de Haute et Basse Égypte) entouré d'un { cartouche }.
  5. Nom de naissance (« Fils de Rê ») entouré d'un { cartouche }. Attesté depuis DjedefRê, pharaon de la IVe dynastie.
C'était le nom de couronnement qui servait à désigner le roi, et non pas son nom de naissance suivi d'un numéro, comme on pourrait le supposer d'après une bien fâcheuse coutume grecque qui a malheureusement survécu jusqu'à nos jours. Ceci est prouvé par la correspondance échangée entre Pharaon et les rois ou princes du Proche Orient, et rédigée en cunéiforme babylonien sur 382 tablettes d'argiles découvertes à Tell-el-Amarna. Contrairement au hiéroglyphique égyptien, le babylonien permettait d'écrire les voyelles. Thoutmosis III (MenKheperRê) y est appelé Manakhpirya (EA 59,8), AmenHotep III (NebMaâtRê) = Nibmou'wareya (EA 3,1), Akhénaton (NeferKheperouRê) = Napkhourreya (EA 26,32) et ToutAnkhAmon (NebKheperouRê) = Nibkhourrereya (EA 9,1).
Ainsi donc, notre Thoutmosis III était communément appelé MenKheperRê (La venue à l'existence de Rê demeure) comme roi d'Égypte (c'est son nom de couronnement), Thoutmosis étant une forme hellénisée et très déformée de DjehoutyMesS(w) (signifiant Thot l'a engendré), nom qu'il reçut à sa naissance.
Voir deux titulatures complètes de MenKheperRê aux §§ 9,i 2 et 12,i 3.

Ce système peut rendre perplexes bien des jeunes étudiants en égyptien. Ignorant ce principe, ils recherchent vainement les hiéroglyphes formant le nom du roi qu'on appelle communément ToutAnkhAmon dans le cartouche qui contient... son nom de couronnement, à savoir NebKheperouRê, le plus fréquent.
Les termes prénom et nom, ou pire encore prenomen et nomen parfois utilisés pour désigner les 4e et 5e noms de la titulature sont devenus aujourd'hui totalement ridicules, même si nos devanciers les plus prestigieux (dont Champollion lui-même) en ont fait usage. Ce temps me semble révolu, car de tels mots n'expliquent rien et induisent le néophyte en erreur.

« Trouvé endommagé »
Il semble que les textes de cette tombe, comme celle d'AmenHotep II, aient été recopiés d'après un ou des papyrus déjà anciens qui avaient subi des dommages tels que trous, dégradations, cassures, attaques de vermine etc. Dans ce cas, le scribe nous le fait savoir dans une expression faite de deux hiéroglyphes (voir ci-contre, lecture gm wS), et qui signifient « trouvé endommagé » ou plus précisément « trouvé (en) cheveux » si l'on veut restituer au plus près les signes écrits. En pareil cas, le scribe de MenKheperRê-Thoutmosis abdique souvent, alors que celui d'AmenHotep II s'efforce de restaurer son texte en mauvais état, au risque d'aggraver la situation.
Uræus
Force divine féminine sous forme de cobra femelle dressée au cou dilaté figurant généralement au front des rois. Il s'agit de l'œil brûlant de Rê, de sa flamme, que l'on compare ainsi à la terrible brûlure infligée par ce serpent lorsqu'il crache son venin en direction de ses ennemis. Comme toute émanation solaire, ce principe divin peut apporter destruction ou vie, désolation ou joie, selon les cas. C'est ainsi que ces uræus peuvent repousser Apop mais aussi « apporter la délivrance à ceux qui sont dans les ténèbres » (12,1 6). En égyptien, c'est un mot féminin. Il est l'objet de nombreux jeux de mots et associations d'idées. En français, ce mot est normalement du masculin, mais bien des égyptologues l'utilisent au féminin pour des raisons évidentes de commodité. Que les puristes veuillent bien nous le pardonner. Seul le mot vipère rendrait ce féminin, mais ce n'est pas un... cobra au cou dilaté.