LA 4e HEURE

Celle qui est grande par son pouvoir

 

4.1 Situation

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Présentation Introduction Registre 1 gauche Chemin sablonneux
Registre 2 gauche Registre 3 gauche Registre 4 gauche Registre 1 droite
Registre 2 droite Registre 3 droite    

 

4.2 Présentation

Description générale
Situation dans l'Espace Caché de la Douat
A l'ouest.
- Description dans la version complète : à l'introduction [4,1g 7].
- Description dans la version abrégée : aucune indication.
 
Disposition des scènes
- Pour un observateur situé à l'intérieur de la tombe et regardant la porte d'entrée, la moitié gauche figure sur quatre registres, et celle de droite sur trois registres.
- La porte d'entrée divise cette Heure très particulière en deux parties sans que l'esthétique générale en souffre. Un léger manque de place se fait sentir dans la partie gauche, car les divinités 292-293 et 297-299 ( R3g) puis 318-319 ( R4g) sont en effet perspective, ce qui n'est pas le cas chez AmenHotep II.
 
Géographie du lieu  Voir le schéma du parcours
- Région visitée par le dieu solaire : l'Ouest et plus particulièrement aux abords de Memphis, le territoire d'Atoum [P2,a 20] et du dieu funéraire Sokar, les chemins secrets de sa nécropole Ro-Setaou (161), les voies inaccessibles d'Imhet (162) et les portails cachés qui s'y trouvent [4,1g 7].
- Divinité principale : Sokar « qui est sur son sable ».
- Portail : « Celui qui cache le halage » [4,1g 3].
- Caverne : « Celle qui vit des aspects » [4,1g 3].
- Nom de la barque solaire : « Celle qui force le chemin » [4,3g 87-88].
- Nom de l'Heure : « Celle qui est grande par son pouvoir » [4,1g 4].
- Gardiens : pas de gardien affecté spécialement à cette Heure, mais plusieurs sont préposés aux chemins.
Particularités

- Les décorateurs ont dû faire face à plusieurs difficultés :
1. découper l'Heure en deux parties à cause de la porte d'entrée (découpage qui s'avère judicieusement réussi et harmonieux) ;
2. trouver de la place pour écrire le texte de conclusion de la 3e Heure, en ajoutant un registre ;
3. placer toutes les scènes des trois autres registres de la 4e Heure et du chemin sablonneux en diagonale (très caractéristique de cette Heure), problème vite résolu par l'obligation de réduire l'échelle du dessin du fait de la présence du R1.
Si la porte d'entrée n'avait pas été située à cet endroit, la lisibilité générale des scènes en aurait sans doute été améliorée, comme on peut le constater sur un schéma approximatif de la tombe d'AmenHotep II .

Noter la présence d'un trait vertical assez fin tracé devant la déesse n° 322 ( R4g, trait coloré en bleu et grossi dans notre schéma) qui aurait servi de point de repère aux décorateurs. Voir plus de détails à ce propos au chapitre consacré à l'étude architecturale de la tombe.

Des onmouseover="AffBulle('Les côtés de la porte sont tranchants. Elle « ensevelit » tout espoir d\'aller plus loin pour l\'ignorant qui la franchirait.')" onmouseout="CacheBulle()">(163) graffiti admiratifs datant peut-être de la XXe dynastie ont été hâtivement tracés aux registres 3 et 4 de gauche.

Cette Heure est la seule qui montre le roi MenKheperRê et la reine MerytRê (R1 de chaque côté, et R3 de gauche). Toutefois, la famille royale sera encore représentée au Pilier 1, face b .

Les textes et les illustrations de la 4e Heure

Le dieu solaire doit maintenant pénétrer dans un territoire très sombre et très dangereux, le dernier situé à l'ouest avant d'aborder au nord au cœur du territoire de Sokar. L'épaisseur de l'obscurité oblige quiconque s'y trouve à ne rien voir mais seulement entendre [4,1g 2]. Un chemin sablonneux peint sur fond blanc traverse ce lieu en diagonale. Son aspect très photogénique (c'est une des scènes les plus photographiées dans la tombe) semble occulter, pour le visiteur distrait, les dangers qui guettent les êtres de l'au-delà qui pourraient s'y aventurer. Tout y est secret et crainte : chemins secrets, voies inaccessiblesportails cachés, (portes) tranchantes et peut-être aussi une mer de feu.

La barque ne peut plus cette fois naviguer à la rame, car l'eau se raréfie dans ce désert sombre et aride. Les vaguelettes habituelles représentant la surface de l'eau, sous la barque, ne sont d'ailleurs présentes que dans la moitié arrière de cette zone. Elle doit être halée par quatre divinités marchant sur le sable. Sur les rives, la plupart des divinités jouent des rôles de gardiens qui ne vont nulle part ailleurs [4,2g 15-20 par exemple]. Nombreux sont ceux qui vivent du souffle sortant de la bouche divine [4,2g 39 par exemple].

Ce lieu inhospitalier et fort bien dissimulé a permis a Horus de fabriquer et de cacher toutes les scènes qui s'y trouvent [4,3g 69-75 par exemple] et à Anubis d'y cacher le cadavre d'Osiris [4g S4 171-172] pour le soustraire à la fureur de Seth. Les textes vont donc jouer sur la double qualité de cet endroit redoutable pour les intrus mais très protecteur pour Osiris. Sokar, seigneur de la nécropole de Ro-Setaou, y est assimilé en même temps à Rê et à Osiris. Tout y est donc propice à l'accueil discret mais efficace du dieu, dont l'objectif essentiel consiste à renouveler ses facultés d'illumination très clairement rappelées dans le registre 3 de la partie droite .

Texte d'introduction et registre 1g
Une introduction de six colonnes, au R1, fait suite à la conclusion de la 3e Heure et précède une représentation de la reine MerytRê encore en vie [4,1g 6b] au moment du décès de MenKheperRê-Thoutmosis.

A noter un subtil calembour entre la nécropole de Ro-Setaou auquel le Grand Dieu rend visite et le portail appelé « Celui qui cache le halage » expliqué en fin de note 186.

Le chemin sablonneux en diagonale

Ce chemin très secret et gardé de toutes parts par des sentinelles redoutables n'est accessible à aucun intrus, tellement il présente de dangers. « Chemin par où entre le cadavre de Sokar « qui est sur son sable », image secrète qu'on ne peut ni voir ni percevoir » [4g 169-170]. Même les portes y sont considérées comme des êtres divins [4g S2 168]. Les dieux qui s'y trouvent ne peuvent qu'entendre la voix du Grand Dieu [4g S2 168]. Anubis profite de l'inaccessibilité de l'endroit, que ni l'œil ni le mental ne peuvent appréhender, pour y cacher le cadavre d'Osiris [4g S4 171-172] et lui assurer la tranquillité et la sécurité nécessaires à sa régénération.

Si Rê, le Grand Dieu, pénètre ici en qualité de Chair et de cadavre, ce cadavre est également celui de Sokar, qui lui-même correspond à celui d'Osiris dissimulé par Anubis. Ainsi Sokar (divinité funéraire de Memphis) et Osiris (divinité funéraire d'Abydos) ne forment-ils qu'un seul et même cadavre, la Chair, aspect du dieu solaire engourdi dans la matière. Théologie admirable mais difficile d'accès au lecteur occidental d'aujourd'hui parfois empêtré dans son monothéisme judéo-chrétien.

Les textes qui décrivent ce chemin et ses portes sont écrits en noir (écriture énigmatique) et en rouge (écriture normale), malgré quelques exceptions. Nous sommes ici en présence de cas troublants où les énigmes côtoient leurs solutions, procédé d'ailleurs utilisé pour la plupart des noms de divinités dans les douze Heures de l'Amdouat.

A l'une des extrémités, un serpent mâle à tête humaine n° 279 (R2g ) assure la fonction de gardien du chemin, tandis qu'à l'autre extrémité, la même fonction est assurée par un serpent femelle n° 324 (R4g ) gardienne de ce chemin.

Registres 2g et 1d

Le R2 gauche se prolonge à droite de la porte d'entrée, au R1 .
- A gauche, la plupart des divinités sont des gardiens.
- A droite de la porte, le couple royal est exceptionnellement représenté, la reine étant curieusement un peu plus grande que le roi. Les quatre autres divinités ont des fonctions protectrices.
Il est intéressant de noter que le terme Grand Dieu, qualificatif habituel de Rê, est appliqué ici à Osiris, le Souverain de l'éternité [4,1d 48a].

Les textes relatifs aux divinités tournées vers la gauche (n° 279, 283-285 et 287) sont toujours écrits de gauche à droite mais avec des hiéroglyphes tournés eux aussi vers la gauche, contrairement aux habitudes. Si cette façon de procéder permet aux hiéroglyphes de se tourner dans la même direction que ce qu'ils décrivent, il n'en demeure pas moins que ces textes deviennent quasiment compréhensibles à tous, car les conventions reprennent leurs droits. Les scribes de l'époque ont-ils été conscients de cette subtilité ?

Registres 3g et 2d

A gauche (R3g), la barque solaire est cette fois halée par quatre divinités. Dans ce lieu d'une totale obscurité, elle est équipée à la proue comme à la poupe d'une tête de serpent dont les flammes jouent le rôle de phares modernes pour éclairer le chemin [4,3g 60-63]. Malgré ce dispositif, le dieu ne voit pas leurs images [aux dieux de cette Heure]. Il les appelle, (mais) c'est sa voix (seulement) qu'ils entendent. [4,3g 63-68]

Dans l'équipage, il manque l'habituel Guide de la barque, à l'arrière, absent aussi chez AmenHotep II.

A droite du chemin sablonneux, une scène d'une grande beauté, se déroulant en présence d'un aspect d'Osiris, montre l'échange d'un œil-oudjat entre un personnage à tête de Thot et un autre à tête de faucon (Horus ou Sokar ?), l'œil étant appelé Sokar. Cette image a tellement plu a un scribe de la XXe dynastie qui s'est introduit dans la tombe qu'il y a laissé des graffiti très admiratifs . Il les a gravés à la hâte mais sans endommager les images existantes.

A l'extrême droite, juste devant la porte d'entrée , le roi est à nouveau représenté divinisé et solarisé [B] : il sort de la Douat illuminant le ciel pour suivre Rê dans le ciel et dans la terre [4,3g 76].

Le R2d (côté droit) montre sept gardiens qu'Anubis protège dans son image de haleur [4,2d 108]. Le texte cache un calembour complexe entre l'aspect canin d'Anubis et le terme de haleur expliqué à la note 186.

Registres 4g et 3d

La partie gauche montre surtout des divinités affectées à la surveillance du lieu. Le texte situé en bas de la section S5 [4,4g 151] pose encore d'importants problèmes d'interprétation. Erik Hornung y voit une allusion à la « mer de flammes » de la 5e Heure.

En haut et à gauche du trait vertical situé devant la déesse n° 322, le scribe AmenHotep a gravé son nom sous forme de graffito , signant ainsi l'autre graffito du registre 3g décrit ci-dessus.

La partie droite présente des traces qui laissent supposer que les têtes et les étoiles ont peut-être subi des retouches importantes. L'ensemble montre des aspects solaires et lunaires du Grand Dieu. A la naissance de Khépri, la lumière sort des trois têtes du serpent [4,3d 152-156]. Certains pensent que les 14 têtes solaires et les étoiles associées pourraient représenter la moitié du cycle lunaire. Le chiffre 7 (indivisible) a sans doute toujours représenté le nombre (sacré) de jours qui, reproduit aux quatre points cardinaux, forme les 28 jours du cycle de l'astre nocturne, œil gauche du Grand Dieu. Il existe peut-être un lien entre cette scène et l'œil-oudjat du R3g appelé Sokar (n° 307) . Quant à son œil droit, c'est le soleil. Sa présence et son rayonnement sont figurés sur la droite.

Utilité pratique

- « Celui qui connaît cette image est quelqu'un qui mange du pain à côté des vivants dans le temple d'Atoum » [4,1g 5-6].
- « Celui qui connaît cela est quelqu'un dont la voie est (bien) frayée, qui parcourt les chemins de Ro-Setaou et qui voit (cette) image dans Imhet. » [4,1g 7]


- « Celui qui connaît cette image du chemin secret de Ro-Setaou, les voies inaccessibles d'Imhet et les portails cachés qui sont dans la terre de Sokar « qui est sur son sable », est quelqu'un qui mange du pain à côté des vivants dans le temple d'Atoum. Celui qui connaît cela est quelqu'un dont la voie est (bien) frayée, qui parcourt les chemins de Ro-Setaou et qui voit l'image dans Imhet. » [Abrégé : P2,a 18-20]


 

4.3 Traduction des 4 registres
à gauche
de la porte d'entrée
(ou à droite, pour un visiteur qui entre)

[Les titres, les subdivisions et les informations écrites entre crochets sont des commentaires ou des ajouts du traducteur.]

4e Heure - Registre 1 de la partie gauche

Introduction
[6 colonnes, dans le quart droit du registre, à gauche de la reine MerytRê. Elles font suite, après un vide d'une demi-colonne, à l'hymne de conclusion de la 3e Heure.]
[4,1g 1-6]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Le halage de la majesté de ce Grand Dieu s'arrête un moment dans cette caverne secrète de l'Ouest aux formes sacrées. [2] Il prend soin de ceux qui s'y trouvent, par sa voix, (mais) sans les voir. [3] « Celle qui vit des aspects » est le nom de cette caverne. Le nom du portail de cette caverne est « Celui qui cache le halage » (186). [4] Le nom de l'Heure de la nuit qui conduit ce Grand Dieu est « Celle qui est grande par son pouvoir ». [5] Celui qui connaît cette image est quelqu'un qui mange du pain à côté des vivants [6] dans le temple d'Atoum.
[Représentation de la reine MerytRê, à l'extrême droite du registre.]
[A = 6b] La grande épouse royale qu'il aime, { MerytRê }, en vie et restant sur terre.
[1 ligne courant au-dessous de la zone sablonneuse du registre 1. Elle surmonte toute l'Heure à partir de la 14e colonne de texte, après un petit espace vide, jusqu'à la porte d'entrée, en écriture dite énigmatique  (160). Elle est en fait constituée de minuscules colonnes de 4 ou 5 hiéroglyphes.]
[4,1g 7]  Voir les hiéroglyphes
Les chemins secrets de Ro-Setaou (161), les voies inaccessibles d'Imhet (162), les portails cachés qui s'y trouvent, la terre de Sokar « qui est sur son sable ». Cette image est réalisée en peinture dans la (partie) cachée de la Douat, à l'ouest de la partie cachée. Celui qui connaît cela est quelqu'un dont la voie est (bien) frayée, qui parcourt les chemins de Ro-Setaou et qui voit (cette) image dans Imhet.

4e Heure - Le chemin sablonneux, en diagonale

[Ce chemin sablonneux (sur fond blanc) descend de l'extrémité supérieure du registre 2 jusqu'à l'extrémité inférieure droite du registre 4. Sa progression en diagonale est coudée par deux fois, ce qui le divise en 5 sections identifiées ici S1 à S5. On y trouve deux portes (P1 et P2) au niveau des segments S1 et S3 respectivement.
Tous ces éléments comportent des textes en rouge ou en noir. L'écriture normale y alterne avec l'écriture énigmatique (sauf S1 rédigé en écriture normale).]
[Section S1 oblique.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[4g 166] Celui de Ro-Setaou [en écriture normale, en haut à gauche]
[Porte P1.]
[4g 21 - n&r] La Tranchante, qui ensevelit (163).
[Section S2 horizontale.]
[4g 167-168 - n&r]
Les chemins secrets de Ro-Setaou. Le « dieu-portail » (164). Il ne passe pas près d'eux (165). Ce n'est (que) sa voix qu'ils entendent.
[Section S3 oblique.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[4g 169-170 - n&r] Chemin par où entre le cadavre de Sokar « qui est sur son sable », image secrète qu'on ne peut ni voir ni percevoir.
[Porte P2, écriture normale.]
[4g 77 à gauche] Chemin par où entre le cadavre de Sokar.
[4g 78 à droite] La Tranchante, qui ensevelit (163).
[Section S4 horizontale.]
[4g 171-172 - n&r] Chemin secret auquel (seul) Anubis accède pour cacher le cadavre d'Osiris.
[Section S5 oblique.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[4g 173-174 - n&r] Chemin secret de l'entrée d'Imhet (162).

4e Heure - Registre 2 de la partie gauche

[Texte en très petites colonnes, en rouge ou en noir, qui suivent la pente sablonneuse, devant la déesse n° 278. L'écriture normale y alterne avec l'écriture énigmatique.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[Pour les textes inscrits dans S1 et P1, voir ci-dessus.]

Scène 1

[4,2g 8 - n&r : Pour décrire la déesse anonyme (n° 278) portant la couronne du Nord.]
Elle est là près de l'entrée [?]
Scène 2

[4,2g 10 - n&r : Pour décrire le chemin qui descend en diagonale.]
Chemin vers Ro-Setaou.
[4,2g 12 - n&r : Pour décrire la porte P1.]
Ce portail.
[4,2g 13-20 - n&r : Pour décrire le serpent à tête humaine, regardant vers la déesse.]
Il est là comme gardien du chemin. Il ne va à aucun autre endroit, chaque jour.
[Nom du serpent, écrit au-dessus de lui.]
[279 - n&r] Celui qui a une tête, le gardien de cette porte.
Scène 3

[Les 3 serpents, (280 à 282), à droite de la section S1 du chemin oblique.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[4,2g 23 sur 3 colonnes, au-dessus d'eux]
Ils existent de cette façon. Ils ne vont à aucun autre endroit, chaque jour.
[Nom collectif des 3 serpents, sur 2 lignes.]
[280 à 282 - n&r] Ceux qui sont sur leur ventre
Scène 4

[Les divinités 283, 284 et 285 sont tournées vers la gauche, dans le sens inverse de la marche du dieu solaire. Les hiéroglyphes des textes qui les décrivent sont tournés, eux aussi, vers la gauche, n'offrant plus ainsi une écriture en sens rétrograde comme ailleurs (166), même si l'hiératique ne s'écrit pas dans ce sens  C'est le cas de la plupart des  textes verticaux relatifs aux divinités tournées vers la gauche.]
[Serpent-uræus femelle dressée et précédée d'une clé de vie et d'un scorpion.]
[4,2g 26-27 sur 2 colonnes, au-dessus d'elle]
Elle existe de cette façon. Elle se tient (dans) Ro-Setaou, (au) début de ce chemin.
[Nom de ce serpent-femelle]
[283] Serkit [= la déesse-scorpion]
Scène 5

[Le personnage tenant un objet rond dans chaque main (284).]
[4,2g 28-30 sur 3 colonnes, au-dessus de lui]
Il existe de cette façon en tant qu'image qu'a faite Horus lui-même [?]. Il sépare l'image dans le chemin sacré [?].
[Nom de ce personnage]
[284 - n&r] Celui qui sépare les deux dieux (167)
Scène 6

[Le serpent ailé à 3 têtes et 4 pattes précédé d'une clé de vie.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[4,2g 31-34 sur 4 colonnes, au-dessus de lui]
Il existe de cette façon dans la Douat à l'entrée de ce chemin [34] sacré de Ro-Setaou. Il vit du souffle de ses deux ailes.
[Nom de ce serpent.]
[285] Le grand dieu
Scène 7

[Le personnage à tête de Seth (286) tenant un sceptre-ouas dans une main et une clé de vie dans l'autre]
[4,2g 35-37 sur 3 colonnes, au-dessus de lui]
Il existe de cette façon en tant qu'image qu'a faite Horus. Il sépare les deux dieux sur [37] ce chemin.
[Nom de ce personnage]
[286 - n&r] Celui qui sépare la Douat (fin de 167)
Scène 8

[Le serpent à 2 têtes (287) précédé d'une clé de vie.]
[4,2g 38-39 sur 2 colonnes, au-dessus de lui]
Il existe de cette façon à cette place de la voie sacrée, le chemin de Ro-Setaou. [39] Il ne va à aucun autre endroit, chaque jour. Il vit du souffle de [?] sa bouche (168).
[Nom de ce serpent.]
[287] Neheb-kaou [?]

4e Heure - Registre 3 de la partie gauche

Scène 1

[Au-dessus de la barque solaire, à gauche, 14 petites colonnes.] (169)
[4,3g 56-68]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ce Grand Dieu navigue vers eux (170) de cette façon. [60] Les flammes qui (sortent) à (chaque) extrémité de sa barque le guident sur ces chemins secrets, (mais) il ne voit pas [65] leurs images. Il les appelle, (mais) c'est sa voix (seulement) [68] qu'ils entendent.
[Noms des divinités.]
[Barque solaire dont la proue et la poupe, recourbées vers l'intérieur, sont des têtes de serpents dont les flammes « percent » les ténèbres, comme des phares modernes. Noms des divinités à lire de la proue à la poupe.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[4,3g 87-88 sous la proue - n&r] Celle qui force le chemin [= nom de la barque] (172)
[292] L'Ouvreur des chemins [292 et 293 sont en effet perspective]
[293] La Connaissance-Sia
[294] La Maîtresse de la barque
[295] La Chair
[296] Horus, l'Élogieux
[297] Le Taureau de Maât [297 à 299 sont en effet perspective]
[298] La Vigie
[299] La Parole-Hou
[Graffiti en cursive hiératique à l'avant de la barque. Sur la photo couleur, ils sont quasiment imperceptibles. Je les ai superposés en rouge sur fond noir et blanc pour une meilleure visibilité.]
Voir la photo noir et blanc et les hiéroglyphes
AmenHotep. Perfection de l'(œil-)oudjat, à droite, 1000 (fois) ! (171)
[Les 4 haleurs de la barque, de gauche à droite.]
[300 - n&r] Celui aux secrets
[301 - n&r] Celui qui est affecté à la corde de halage (173)
[302 - n&r] Le Préposé au câble de halage
[303 - n&r] Celui qui tend le filin de halage (174)
Scène 2

[A droite du chemin sablonneux et de la porte P2 :
7 colonnes décrivant les dieux (304 à 309)]
[4,3g 69-75]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ils existent de cette façon dans les images de leurs propres corps qu'Horus a cachées sur ce chemin sacré [75] de « Celui dont les secrets sont (bien) cachés ».
[Noms des divinités.]
[304 - n&r] Celui au contrepoids [personnage osirien] (175)
[305 - n&r] Le Crochet d'Osiris
[306 - n&r] Celui qui soulève [à tête d'ibis] (176)
[307] Sokar [œil-oudjat] (177)
[308 - n&r] Celui au bras étendu [à tête de faucon, tourné vers la gauche]
[309 - n&r] Celui dont le front est couronné [portant la couronne du Sud]
Scène 3

[MenKheperRê, portant un bâton orné dans une main et une massue dans l'autre.]
[3 colonnes décrivant le roi, à lire de droite à gauche, placées devant et au-dessus de lui.]
[B = 4,3g 76]
Le roi { MenKheperRê }, juste de voix. Il sort de la Douat, illuminant le ciel, pour suivre Rê dans le ciel et dans la terre (178).

4e Heure - Registre 4 de la partie gauche

Scène 1

[6 colonnes au-dessus du serpent, dans la barque dont la proue et la poupe sont décorées de têtes humaines à barbe divine.]
[4,4g 117-122]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Il existe de cette façon dans sa barque, en gardant Imhet (162). Il se tient (affecté) à ce chemin secret [120] d'Imhet et il vit des paroles que disent les têtes de [122] sa barque.
[Nom du serpent précédé d'une clé de vie, dans la barque.]
[317 - n&r] Le glissant [?], celui qui éclaire [nom double]
Scène 2

[4 colonnes de texte, au-dessus des divinités qui précèdent la barque. Ce texte a tendance à se confondre avec les noms de ces divinités.]
[4,4g 123-126]
Elles [ils ?] existent de cette façon dans l'image qu'a faite Horus. Elles [ils ?] se tiennent [125] dans la terre, (préposé[e]s) à ce chemin secret d'Imhet [126] dans laquelle elles [ils ?] entrent et qui ... [?] (179)
[Noms des divinités.]
[318 - n&r] Celle qui est affectée au chemin [318 et 319 sont en effet perspective]
[319 - n&r] Celle à la griffe [?]
[320] Beneny [?] [momie assise à tête de babouin]
[321] Celle pourvue de dents [?] [déesse à tête de lionne ou de souris]
[322] Celle qui assemble les cornes [déesse assise sur un siège invisible portant des cornes sur la tête]
[Graffiti en cursive hiératique à gauche du trait de repère et très au-dessus de la divinité n° 322. Sur la photo couleur, ils sont quasiment imperceptibles. Je les ai superposés en rouge sur fond noir et blanc pour une meilleure visibilité.]
Voir la photo noir et blanc et les hiéroglyphes
Scribe AmenHotep (180).
[Un grand trait vertical noir très mince (que j'ai tracé en bleu pour qu'il soit plus visible) sépare ce groupe de dieux des 2 serpents ci-dessous. Il a servi de point de repère aux décorateurs.]
Scène 3

Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[4 colonnes, au-dessus du serpent de gauche (323) précédé d'une clé de vie.
Les hiéroglyphes y sont écrits dans un très grand désordre. Traduction d'après le texte d'AmenHotep II. (181)]
[4,4g 133-136 A lire de droite à gauche. Traduction d'après [4,3 166-171] d'AmenHotep II .]
Il existe de cette façon en tant que gardien de ce chemin secret d'Imhet. Il ne va à aucun autre endroit, chaque jour. Il vit de la voix des dieux qui sont (préposés) à ce chemin.
[Nom de ce serpent précédé d'une clé de vie.]
[323] Le Caché
Scène 4

[6 colonnes de texte, au-dessus d'un serpent femelle portant une tête humaine sur sa queue (324).]
[4,4g 127-132 A lire de droite à gauche.]
Elle existe de cette façon en tant que gardienne de ce chemin (182). Elle glorifie, avec ses deux visages, la grande image qui est en elle.
[Nom de ce serpent femelle.]
[324] L'Elogieuse (183)
[6 hiéroglyphes énigmatiques, le long de la section inférieure du chemin oblique, devant la tête du serpent.]
[4,4g 151] Mer de feu [??] (184)

4.4 Traduction des 3 registres
à droite de la porte d'entrée
(ou à gauche, pour un visiteur qui entre)

 

Situation    Voir le schéma

4e Heure - Registre 1 de la partie droite

Scène 1

[6 colonnes au-dessus du roi
MenKheperRê et de son épouse MerytRê qui entrent dans la tombe.
A lire de droite à gauche.]
Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
[C = 4,1d 48a au-dessus du roi.]
Le dieu parfait { MenKheperRê aimé de (Rê) }, aimé du Grand Dieu, Fils de Rê : { DjehoutyMes-NeferKheperou }, juste de voix auprès du Grand Dieu Souverain de l'éternité.
[D = 4,1d 48b au-dessus de la reine.]
La grande épouse royale { MerytRê }, vivante et prospère éternellement.
Scène 2

[2 lignes au-dessus des 4 divinités.]
[4,1d 49]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ils existent de cette façon en tant qu'images qu'a faites Horus. Ce sont eux qui protègent le serpent-Nehep, le gardien de la terre [50] et qui indiquent le chemin vers « Celui qui est secret » (185) sur ce chemin sacré.
[Noms des divinités.]
[288] Celui dont la tête adore [avec tête de crocodile, tourné vers la gauche. Il tient dans la main gauche une sorte de corde terminée en spirale et porte la main droite sur la tête d'un serpent sortant de terre]
[289 - n&r] Celui qui glorifie la Douat [à tête de faucon, avançant vers la gauche, tenant dans la main droite un sceptre-ouas et dans la main gauche une clé de vie]
[290] Celle du Sud [déesse portant la couronne du Sud]
[291] Celle du Nord [déesse portant la couronne du Nord]

4e Heure - Registre 2 de la partie droite

[Ce registre n’est pas découpé en scènes, car il n’existe qu’un seul texte descriptif qui s’applique à toutes ses divinités.]
[1 ligne courant sur toute la partie supérieure du registre et terminée par une très petite colonne.]
[4,2d 108]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
Ils sont les gardiens du chemin sacré (donnant) accès à la partie cachée de la Douat. Ce sont eux qu'Anubis protège dans son image de haleur (186), quand il est passé près d'eux dans la Terre Sacrée.
[Noms des divinités.]
[310 - n&r] Celui qui est sur son sarcophage [?] [personnage dont la tête est formée de deux appendices difficiles à identifier (187)]
[311] Celui au visage florissant
[312] Le Satisfait [tenant une sorte de boomerang dans les mains]
[3 dieux et une déesse allant dans le sens inverse de la marche et présentant une clé de vie dans leur main droite.]
[313] Le Conducteur de la Vie
[314] Celui qui ramène la Lointaine (188)
[315] Le Donneur d'ordres
[316] La Maîtresse de Vie (189)

4e Heure - Registre 3 de la partie droite

[Ce registre n’est pas découpé en scènes, car il n’existe pas de texte descriptif précis pour chaque groupe de divinités.]
[5 colonnes au-dessus du serpent à 3 têtes tourné vers la gauche. A lire de gauche à droite.]
[4,3d 152-156]  Voir les hiéroglyphes        Voir les figures 
(C'est) l'image secrète d'Imhet (162). La lumière (s'y) trouve chaque jour à la naissance de Khépri qui sort des têtes du serpent-Menmenou (190). (Puis) Khépri <s'éloigne>.
[Noms des divinités.]
[Serpent à 3 têtes tourné vers la gauche. Il est surmonté de 14 têtes humaines (191) réparties sur 2 rangées de 7. Chacune de ces têtes à barbiche est placée entre un soleil et une grande étoile rouge.]
[325 - n&r] Celui qui se déplace [= signification du nom du serpent-Menmenou]
[Les 14 têtes ne portent pas de noms individuels ni de description collective.]
[3 autres divinités, dessinées au trait rouge.]
[326 - n&r] Khépri [grand soleil ailé, au-dessus de la scène]
[4,3d 159 ] Il demeure dans sa forme de dieu au plumage multicolore [sous le soleil ailé].
[327] Celui qui est dans les hauteurs (192) [s'avançant vers la gauche dans une attitude presque chorégraphique]
[328 - n&r] Maât [tournée vers la gauche]
[Texte dans la porte, à l'extrême droite du registre.]
[4,2d 157-158 - n&r] Celle qui tranche l'éternité (163)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Notes

(160) Il s'agit d'une écriture en partie cryptée. La traduction peut toutefois se faire d'après l'abrégé qui, lui, est en clair. Voir « écriture énigmatique » dans le glossaire.

(161) « Ro-Setaou » est le nom de la nécropole de Memphis, dont Sokar (Sokaris en grec) est l'antique dieu funéraire. Il signifie « L'entrée des corridors (souterrains) ». Son nom finira par signifier une nécropole en général.

(162) « Imhet » : le nom de ce lieu n'apparaît que dans la 4e, la 5e et la 6e Heures des « Écrits de l'Espace Caché ». Il désigne sans doute tout ou partie du territoire de Sokar, et en particulier l'aboutissement des corridors de « Ro-Setaou ». Plus tard, les textes du Serapeum de Memphis en feront souvent mention.

(163) Les côtés de la porte sont tranchants. Elle « ensevelit » tout espoir d'aller plus loin pour l'ignorant qui la franchirait.

(164) Il n'est fait référence à cette divinité nulle part ailleurs.

(165) Il faut comprendre : « Il [le dieu solaire] ne passe pas près d'eux [les dieux de cet endroit]. Ce n'est (que) sa voix qu'ils entendent ».

(166) Le scribe semble d'ailleurs avoir été moins à l'aise dans cette situation, car son écriture penche assez nettement à gauche. Il faut bien comprendre qu'il écrit vraiment à l'envers par rapport à ses habitudes, comme le fit Léonard de Vinci... bien longtemps après lui.

(167) Ces « deux dieux » sont vraisemblablement les deux ennemis de toujours, Horus et Seth. Cela inciterait à penser que le personnage représenté ici est Thot, car c'est lui qui sépare justement les deux combattants et les réconcilie. « Je suis Thot. J'ai apaisé Horus, j'ai apaisé les deux Combattants [Horus et Seth] dans leur moment de fureur : je suis venu, j'ai lavé le sang, j'ai apaisé la querelle ; (je suis) celui qui a englouti tout mal. » (Formules pour Sortir le Jour (=Livre des Morts), ch. 182). Mais cette interprétation semble difficilement acceptable car les deux personnages n°s 284 et 286 qui pourtant se tournent le dos sont décrits par le même texte tandis que le n° 286 a la tête de Seth. Ainsi 284 serait plutôt Horus et 286 plutôt Seth. Mais alors, que faire du texte descriptif en contradiction avec les images ? A moins qu'il faille comprendre : « Celui qui est un acteur dans la séparation »... 

(168) Ou peut-être : « il vit du souffle qui se trouve à sa bouche », désignant ainsi la clé de vie placée devant lui ?

(169) Paul Bucher n'en a dénombré que 13. Celle qu'il numérote 61 en comporte deux en réalité. J'ai numéroté la deuxième 61a.

(170) « vers eux » : c'est-à-dire vers les dieux de ce lieu.

(171) Ces graffiti sont expliqués dans un article de 1975 publié par Jürgen Osing (avec celui de John Romer) dans la revue MDIK 31,2 pages 349-351. D'après sa graphie hiératique, ce texte semble dater de la fin de la XXe dynastie, gravé par un scribe peu talentueux nommé AmenHotep qui a laissé aussi son nom au registre 4, au-dessus de la divinité n° 322. Ce texte s'émerveille devant la scène montrant l'œil-oudjat, à droite sur ce même registre, de l'autre côté du chemin sablonneux, au niveau de la divinité n° 307. Mot à mot : « AmenHotep. Parfait (est) l'oudjat, à droite, en millier ! ». Il est intéressant de noter que ces graffiti ont été inscrits uniquement dans des espaces libres, entre les divinités, et respectent les illustrations existantes sans les chevaucher.
Un 3e graffito hiératique représentant un œil humain tracé par le même personnage (?) existe encore à cette même Heure. Faute de contexte, il n’est pas possible de le traduire.

(172) Littéralement : « Celle qui perce le chemin ».

(173) Le nom en noir de ce haleur avait été écrit deux fois par mégarde, en plus du nom en rouge. Le scribe en a effacé le premier, mais des traces restent aujourd'hui visibles.

(174) Le texte utilise, dans les noms des haleurs 301 à 303, trois mots différents pour désigner la corde de halage. Je me suis efforcé d'en faire autant en français.

(175) Allusion à la partie arrière du collier d'Osiris, ornement traditionnel de ce dieu, comme le sceptre-heqa en forme de crochet (n° 305).

(176) Il s'agit de Thot.

(177) Cet œil-oudjat est bien appelé ici Sokar, façon subtile d'assimiler ce dieu funéraire au dieu solaire, tout comme Osiris est assimilé à Rê.

(178) Le fait que le roi soit montré ici sortant de la Douat s'explique par la présence de la porte d'entrée de la tombe, juste devant lui, qui devient du même coup une porte... de sortie.

(179) La fin est rédigée en écriture « énigmatique ». Traduction trop incertaine pour être donnée ici. Erik Hornung propose : « qui appartient à la création dans la terre ». Le pronom pluriel étant le même pour les deux genres, et les divinités étant sans doute féminines (bien qu'on ait des doutes pour le n° 320), il me semble que l'article pluriel doit être au féminin.

(180) Ces graffiti ont été gravés sans talent par un scribe nommé AmenHotep. Il a laissé aussi un bref commentaire au registre 3, à l'avant de la barque solaire. Voir la note 171 de cette 4e Heure.

(181) Il semble bien que le grand désordre observé dans les hiéroglyphes vienne du document original avec lequel travaillait le scribe, car on retrouve cette confusion dans les mêmes passages d'autres tombes (Ramsès VI, par exemple). Est-ce voulu ou non ? Le scribe d'AmenHotep II (fils de notre MenKheperRê-Thoutmosis) s'efforce, dans ce cas comme dans d'autres, de corriger ce qu'il pense erroné. Voir aussi la rubrique « trouvé endommagé », dans le glossaire.

(182) Léger désordre dans quelques hiéroglyphes au § 4,4g 130.

(183) Le serpent-femelle n° 124 (1e Heure, registre 4) et la déesse n° 488 (7e Heure, registre 1) portent le même nom.

(184) Selon l'interprétation d'Erik Hornung dans ce qu'il pense pouvoir être lu nt-XAwt « flot du cadavre », renvoyant ensuite au ntw de la 5e Heure signifiant « mer de flammes ». L'énigme semble aussi noire que le lieu où elle se trouve...

(185) « Celui qui est secret » désigne Osiris.

(186) Calembour très subtil entre l'aspect de chacal d'Anubis, la fonction de haleur et la corde. Il s'agit presque d'une charade à tiroirs avant la lettre. Ici le haleur, celui qui tire, ou encore le halage sont écrits avec une corde et se lisent sTA(w) [Wb 4,351 - HWb,683]. D'autre part, le chacal se dit sAb (ou zAb) [Wb 3,420-5 - HWb,658] qui fait jeu de mots avec le verbe sAb faire passer [Wb 3,420-15 - HWb,658] et le verbe sbi mener, accompagner [Wb 3,431 B - HWb,683]. "Ceux qui mènent" la barque sont, du fait de ce jeu de mots, appelés sbtyw [Wb 3,433-2 - HWb,684] et sont représentés sous forme de chacals.
Il ne restait plus qu'à rapprocher "ceux qui mènent" la barque (sbtyw sous l'aspect de chacals) de "ceux qui tirent" (sTAw) pour en faire aussi des chacals, animaux d'Anubis...
Les calembours autour de ces mots ne s'arrêtent pas là, car sTAw désigne aussi bien ceux qui tirent que les corridors dans l'expression Ro-Setaou ("Entrée des corridors", nom de la nécropole de Memphis, [Wb 4,354-13 - HWb,459]). On voit ainsi que les haleurs de la barque, la nécropole Ro-Setaou de Memphis, les chacals et Anubis sont intimement liés par des ressemblances de vocabulaire souvent utilisées dans les textes funéraires royaux.

(187) Une divinité portant la même tête faite de deux appendices se trouve à deux autres endroits : sur la face d du Pilier 2 (dieu n° L,64) et au registre 1 de la 10e Heure (n° 710).

(188) « Celui qui ramène la Lointaine » : surnom d'Onouris. Ce dieu guerrier est parfois assimilé à Thot qui ramène Hathor-Sekhmet transformée en lionne et qui s'était enfuie en Nubie (= image du Nil et de ses eaux rouges après le début de l'inondation).

(189) La déesse n° 12 (1ère Heure, registre 1) porte le même nom.

(190) Les « têtes du serpent-Menmenou » peuvent aussi bien désigner les 3 têtes du serpent lui-même que les 14 têtes humaines supportant le soleil qui se trouvent au-dessus de lui. Il est malaisé de choisir entre ces deux hypothèses.

(191) Les égyptologues Maspéro, Jéquier et Budge pensent que ces 14 têtes humaines pourraient représenter les quatorze premiers jours d'un mois lunaire et se trouver en relation avec l'œil d'Horus du registre 3 dans la partie gauche de cette Heure (n° 307) pourtant appelé Sokar. Cette scène a peut-être une signification astronomique, mais elle nous échappe.
Quant au dessin des têtes, il semble avoir subi des retouches importantes à la suite d'une erreur.

(192) Ce personnage n° 327 pourrait bien être Chou, car il est près de Maât et tous deux se trouvent sous le soleil ailé. Ils sont ainsi des émanations solaires. Voir Textes des Sarcophages (80 II,35 à 39) et la rubrique Chou dans le glossaire. Les divinités de ce registre sont en fait tournées vers la barque solaire qui arrive par le chemin oblique sablonneux. La porte à l'extrême droite du registre, « tranchante » comme les autres, en marque la limite.